avocat fiscaliste expatriation

Avocat fiscaliste expatriation — sécurisez votre départ de France avant que le fisc ne s’en occupe

Vous préparez votre installation à Dubaï, Lisbonne, Genève ou Singapour. Vous imaginez une nouvelle vie, un climat fiscal plus doux, une entreprise à développer depuis l’étranger. Ce que vous ignorez peut-être, c’est que l’administration fiscale française reste compétente pendant plusieurs années après votre départ, que l’exit tax peut s’appliquer à vos plus-values latentes, et qu’un simple compte bancaire mal fermé ou un enfant scolarisé en France peut suffire à requalifier votre résidence fiscale — avec redressement, intérêts et pénalités à la clé.

Je suis Maître Miguel NICOLAS, avocat au Barreau de Paris, Docteur en droit, et j’accompagne depuis plus d’une décennie des dirigeants, entrepreneurs, cadres et retraités dans leur expatriation fiscale. Je travaille en français, anglais et néerlandais, ce qui me permet d’intervenir directement avec les conseils étrangers de mes clients, sans intermédiaire, sans perte d’information. Mon objectif : que votre départ soit juridiquement inattaquable, fiscalement optimisé, et humainement serein.

Cette page couvre l’essentiel de ce qu’un avocat fiscaliste expatriation doit vous expliquer avant que vous ne signiez quoi que ce soit.

Que votre recherche soit « avocat fiscaliste expatriation », « avocat fiscaliste non résident » ou plus simplement « expatriation avocat », cette page a été rédigée pour y répondre précisément.

Pourquoi consulter un avocat fiscaliste avant votre expatriation

Une expatriation réussie n’est jamais improvisée. Elle se prépare douze à vingt-quatre mois à l’avance, parfois davantage lorsque le patrimoine est complexe. La raison est simple : la France ne se contente pas de constater votre départ. Elle applique un dispositif de sortie — l’exit tax — qui frappe vos plus-values latentes, elle conserve un droit d’imposition sur vos revenus de source française, et elle scrute pendant plusieurs années la réalité de votre installation à l’étranger.

Faire appel à un avocat fiscaliste pour expatriés avant le départ, c’est verrouiller trois choses essentielles : la preuve de votre changement de résidence fiscale, le traitement de vos actifs latents (titres, immobilier, assurance-vie, crypto-actifs), et la coordination avec le régime fiscal de votre pays d’accueil. J’ai vu trop de dossiers arriver au cabinet après un contrôle : le contribuable a économisé quelques milliers d’euros de conseil au départ, et se retrouve avec des dizaines, parfois des centaines de milliers d’euros de redressement.

Mon intervention couvre l’ensemble du parcours : audit préalable de votre situation patrimoniale et familiale, identification des risques, structuration des actifs, rédaction des déclarations obligatoires (2074-ETD, 2042, etc.), interface avec le conseil du pays d’accueil, et suivi post-expatriation. En qualité de Docteur en droit de l’Union européenne, je maîtrise particulièrement les problématiques intra-européennes : liberté d’établissement, jurisprudence CJUE sur l’exit tax (arrêt N v. Inspecteur, Lasteyrie du Saillant), directives DAC.

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Un audit préalable évite l’immense majorité des contentieux ultérieurs.

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Résidence fiscale française : comment la perdre légalement

La résidence fiscale est la clé de voûte de toute expatriation. Tant que vous êtes résident fiscal français, vous êtes imposable en France sur l’ensemble de vos revenus mondiaux. Dès lors que vous cessez de l’être, vous n’êtes imposable que sur vos revenus de source française. La bascule ne dépend pas de votre déclaration : elle dépend de critères juridiques objectifs, fixés par l’article 4 B du Code général des impôts et par les conventions fiscales internationales.

Les 4 critères de l’article 4 B du CGI

L’article 4 B du CGI énumère quatre critères alternatifs. Il suffit qu’un seul soit rempli pour que vous soyez considéré comme résident fiscal français :

  1. Foyer ou lieu de séjour principal en France. Le foyer est le lieu où vous vivez habituellement avec votre famille (conjoint, enfants scolarisés). Le lieu de séjour principal est apprécié en nombre de jours : au-delà de 183 jours par an en France, la présomption est forte.
  2. Activité professionnelle principale en France. Vous êtes salarié, indépendant ou dirigeant, et l’essentiel de votre activité s’exerce depuis le territoire français.
  3. Centre des intérêts économiques en France. Vos investissements principaux, le siège de vos affaires, la source de la majorité de vos revenus se trouvent en France.
  4. Fonctionnaires en poste à l’étranger non soumis à l’impôt local.

Beaucoup de contribuables pensent que la simple installation à l’étranger suffit. C’est faux. Un cadre parti à Dubaï dont l’épouse et les enfants restent scolarisés à Paris, qui conserve son cabinet médical à Lyon, ou dont 80 % des revenus proviennent d’une SAS française, restera résident fiscal français aux yeux de l’administration. C’est là que le rôle d’un avocat spécialisé en expatriation devient déterminant.

Comment prouver son changement de résidence fiscale

La charge de la preuve du départ pèse sur vous. Constituez un dossier documentaire complet, dès la phase de préparation :

  • Contrat de bail ou acte d’achat du logement à l’étranger
  • Attestation de résidence fiscale du pays d’accueil (tax residency certificate)
  • Contrat de travail ou immatriculation locale de votre activité
  • Scolarisation des enfants sur place
  • Souscription des assurances santé, habitation, automobile locales
  • Fermeture ou mise en sommeil des comptes bancaires principaux en France
  • Résiliation des abonnements (téléphone, énergie, salle de sport) en France
  • Déclaration de départ au centre des impôts (formulaire 2042 avec case « départ »)

Je constitue ce dossier avec vous et je conserve une copie horodatée. En cas de contrôle fiscal ultérieur, cette rigueur documentaire fait la différence entre un dégrèvement rapide et un contentieux de plusieurs années.

Erreurs qui déclenchent un contrôle fiscal

Voici les signaux d’alerte que l’administration détecte automatiquement, notamment via les échanges DAC1 à DAC7, les fichiers FICOBA et FICOVIE, et les remontées bancaires internationales :

  • Maintien d’un compte bancaire principal en France avec flux réguliers
  • Assurance-vie française conservée avec versements ou rachats fréquents
  • Cartes bancaires françaises utilisées majoritairement en France
  • Facturations depuis une entité française sans substance locale à l’étranger
  • Résidence secondaire française occupée plus de six mois par an
  • Rattachement fiscal d’enfants majeurs sur votre déclaration

Exit tax : anticiper, calculer, obtenir un sursis de paiement

L’exit tax France, régie par l’article 167 bis du CGI, est probablement le sujet le plus mal compris — et le plus coûteux quand il est mal traité. Elle vise à taxer les plus-values latentes sur les titres de sociétés au moment où le contribuable transfère son domicile fiscal hors de France. En d’autres termes : la France veut sa part avant que vous ne partiez, même si vous n’avez rien vendu.

Qui est concerné par l’exit tax (article 167 bis CGI)

L’exit tax s’applique cumulativement à trois conditions :

  1. Vous avez été résident fiscal français au moins 6 des 10 dernières années précédant votre départ ;
  2. Vous détenez des participations directes ou indirectes ≥ 50 % dans les bénéfices d’une société, OU vos participations ont une valeur globale ≥ 800 000 € ;
  3. Vous transférez votre domicile fiscal hors de France.

Sont visés les titres de sociétés (actions, parts sociales), certaines créances trouvant leur origine dans une clause de complément de prix (earn-out), et les plus-values placées en report d’imposition. En revanche, l’immobilier détenu en direct n’est pas concerné par l’exit tax — il relève d’un autre régime (article 244 bis A CGI).

Calcul de l’exit tax : plus-values latentes et créances

La plus-value latente est égale à la différence entre la valeur vénale des titres à la date du départ et leur prix d’acquisition. Elle est imposée au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. La valorisation des titres non cotés est un enjeu majeur : elle appelle une méthodologie rigoureuse (DCF, comparables, actif net réévalué) que je supervise avec l’expert-comptable ou l’évaluateur.

Exemple simplifié de calcul d’exit tax
ÉlémentMontant
Valeur d’acquisition des titres200 000 €
Valeur vénale à la date du départ1 800 000 €
Plus-value latente1 600 000 €
Imposition PFU (30 %)480 000 €
Sursis de paiement (UE/EEE + certains pays conventionnés)De droit

Report et dégrèvement de l’exit tax

Bonne nouvelle : l’exit tax bénéficie d’un mécanisme de sursis de paiement. Ce sursis est automatique pour un départ vers un État membre de l’UE ou de l’EEE ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative. Il est sur demande, avec garanties, pour les autres destinations (Dubaï, Singapour, États-Unis, Royaume-Uni depuis le Brexit, etc.).

Meilleure nouvelle encore : l’exit tax est dégrevée si vous conservez les titres pendant :

  • 2 ans pour les plus-values latentes sur titres, si la valeur totale est inférieure à 2,57 M€
  • 5 ans si cette valeur est supérieure à 2,57 M€

Concrètement : si vous partez et ne vendez pas vos titres pendant 5 ans, vous n’aurez jamais à payer l’exit tax. Cela suppose d’avoir déposé la déclaration 2074-ETD au moment du départ, puis les déclarations de suivi annuelles. Une seule déclaration oubliée déchoit le sursis. Je gère ce suivi pour mes clients pendant toute la période.

Stratégies légales pour réduire l’assiette avant départ

Plusieurs leviers, tous parfaitement légaux, permettent de réduire l’exit tax :

  • Donation avant départ aux enfants : la donation purge la plus-value latente pour le donateur (le donataire reprend le prix d’acquisition à la valeur de la donation, avec les droits de mutation associés).
  • Apport-cession à holding (article 150-0 B ter) : à manier avec précaution en contexte de départ, car l’engagement de réinvestissement doit être tenu.
  • Purge par assurance-vie luxembourgeoise pour certains actifs.
  • Décalage temporaire du départ pour bénéficier de l’abattement pour durée de détention renforcé.

Chaque situation est unique. Ces stratégies ne se combinent pas mécaniquement : elles se construisent au cas par cas.

Titres, BSPCE, stock-options : votre exit tax peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.
Une simulation préalable est incontournable.

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Non-résidents fiscaux : quels impôts restent dus en France

Devenir non-résident fiscal ne signifie pas rompre tout lien fiscal avec la France. Vous restez imposable sur vos revenus de source française, avec des règles spécifiques, souvent défavorables si elles ne sont pas anticipées.

Revenus de source française (article 164 B CGI)

L’article 164 B du CGI énumère les revenus considérés comme de source française :

  • Revenus fonciers d’immeubles situés en France
  • Plus-values immobilières sur biens situés en France
  • Dividendes et intérêts versés par des débiteurs établis en France
  • Rémunérations d’activités professionnelles exercées en France
  • Pensions de retraite versées par un débiteur français
  • Plus-values sur participations substantielles (≥ 25 %) dans des sociétés françaises

Taux minimum d’imposition et clause de sauvegarde

Les non-résidents sont soumis à un taux minimum d’imposition de 20 % jusqu’à 29 315 € de revenus (seuil 2024) et 30 % au-delà. Ce taux minimum peut toutefois être écarté par la clause de sauvegarde : si vous démontrez que le taux moyen français appliqué à l’ensemble de vos revenus mondiaux (français + étrangers) serait inférieur, ce taux moyen s’applique. Cette optimisation est trop rarement demandée par les non-résidents.

Déclaration 2042 NR et prélèvements à la source

Chaque année, vous devrez déposer une déclaration 2042 (avec les annexes 2044, 2047, 2074, etc.) auprès du Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR) de Noisy-le-Grand. Les salaires perçus pour une activité exercée en France sont soumis à une retenue à la source spécifique (article 182 A CGI) à trois tranches (0 %, 12 %, 20 %). Je gère ces déclarations pour mes clients expatriés, ainsi que les demandes d’application des conventions fiscales pour réduire ou supprimer certaines retenues.

Conventions fiscales internationales et double imposition

La France a signé plus de 120 conventions fiscales internationales. Ces traités bilatéraux règlent la répartition du droit d’imposer entre la France et l’État partenaire, et neutralisent la double imposition. Leur lecture n’a rien d’intuitif : chaque convention est un texte spécifique, avec ses définitions, ses taux, ses exceptions, et ses avenants successifs.

Comment fonctionne le crédit d’impôt conventionnel

Deux mécanismes principaux évitent la double imposition :

  • Méthode de l’exemption (avec ou sans progressivité) : le revenu n’est imposé que dans un seul État.
  • Méthode du crédit d’impôt : le revenu est imposé dans les deux États, mais l’État de résidence accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt payé dans l’autre État (dans la limite de l’impôt français correspondant).

La convention France-Émirats, par exemple, ne prévoit pas d’imposition en France de vos revenus perçus à Dubaï si vous y êtes résident fiscal effectif. À l’inverse, la convention France-États-Unis attribue à la France un droit d’imposition résiduel sur certains revenus, avec crédit d’impôt US égal à l’impôt français.

Tie-breaker rules du modèle OCDE

Lorsque vous êtes considéré comme résident fiscal par les deux États — situation fréquente en année de départ — les conventions calquées sur le modèle OCDE prévoient des tie-breaker rules (règles de départage), appliquées en cascade :

  1. Foyer d’habitation permanent
  2. Centre des intérêts vitaux (liens personnels et économiques les plus étroits)
  3. Séjour habituel
  4. Nationalité
  5. Procédure amiable entre États

Maîtriser ces règles conventionnelles, c’est parfois inverser une position administrative défavorable. Mon doctorat en droit de l’Union européenne m’a formé à ce raisonnement conventionnel, que j’applique quotidiennement dans les dossiers de fiscalité internationale.

Patrimoine et expatriation : SCI, holding, assurance-vie, immobilier

Conserver une SCI française en tant que non-résident

Une SCI expatriation peut être conservée sans difficulté après votre départ. Vous restez associé, la SCI reste imposable en France sur ses revenus fonciers. Attention toutefois : si la SCI est à l’IS, la fiscalité applicable à la sortie des dividendes vers un associé non-résident dépend de la convention fiscale (retenue à la source de 0 % à 30 % selon les cas). La transformation d’une SCI IR en SCI IS avant expatriation est parfois pertinente, parfois catastrophique — cela se tranche au cas par cas.

Holding personnelle avant expatriation

Créer une holding personnelle avant expatriation peut permettre de purger certaines plus-values (via un apport-cession article 150-0 B ter), de piloter les distributions dans le temps, et d’optimiser la localisation ultérieure des actifs. Ce montage doit être conçu avec précaution : l’administration fiscale surveille de près les holdings créées peu avant un départ, et l’abus de droit fiscal (article L. 64 LPF) reste une menace sérieuse.

Assurance-vie et changement de résidence fiscale

L’assurance-vie conserve ses avantages fiscaux français même après votre départ, mais avec des nuances : la fiscalité applicable aux rachats est modifiée (prélèvement forfaitaire de 12,8 % ou 7,5 %, selon les cas, sauf convention plus favorable), les prélèvements sociaux ne s’appliquent plus en principe aux non-résidents affiliés à un régime de sécurité sociale d’un autre État EEE (arrêt de Ruyter), et la fiscalité successorale reste très favorable même pour un bénéficiaire non-résident. J’analyse contrat par contrat.

Plus-value immobilière et prélèvement de l’article 244 bis A

Quand vous vendez un bien immobilier français en tant que non-résident, la plus-value immobilière expatriation est soumise au prélèvement de l’article 244 bis A CGI : 19 % au titre de l’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux (avec exonérations partielles possibles selon la résidence dans l’UE/EEE), soit 36,2 % au total. Un représentant fiscal accrédité est parfois obligatoire (vente > 150 000 € par cédant, hors UE/EEE). Une exonération existe pour la vente de l’ancienne résidence principale, sous conditions strictes de délai.

SCI, immobilier locatif, assurance-vie, portefeuille titres : chaque actif a sa règle. Un audit patrimonial ciblé cartographie l’ensemble.

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Dirigeants et entrepreneurs : expatrier une entreprise

Le cas du dirigeant expatrié concentre l’ensemble des difficultés : exit tax sur les titres, requalification possible de la résidence fiscale via le centre des intérêts économiques, question de la substance de la nouvelle structure locale, traitement des dividendes et rémunérations transfrontalières, éventuelle taxation d’un établissement stable en France si l’activité continue à s’y exercer.

Expatrier une entreprise, ce n’est pas simplement changer d’adresse. C’est prouver que la direction effective est bien exercée depuis le nouveau pays, que les décisions stratégiques sont prises sur place, que les moyens humains et matériels sont réels. À défaut, l’administration française peut retenir la résidence fiscale de la société en France (article 209 CGI, siège de direction effective) et redresser l’ensemble des bénéfices.

Pour les cadres à stock-options, BSPCE ou actions gratuites, les règles de source suivent des principes complexes : la fraction de la plus-value acquise pendant la période française reste imposable en France, même après le départ. Je sécurise ces dossiers en amont, souvent en coordination avec le service RH et le conseil du pays d’accueil.

Donation et succession internationales

La donation avant expatriation et la succession internationale obéissent à des règles distinctes de celles de l’impôt sur le revenu. L’article 750 ter du CGI prévoit que les droits de mutation à titre gratuit français s’appliquent :

  • Sur l’ensemble des biens du défunt (mondial) si le défunt était résident fiscal français
  • Sur les seuls biens situés en France si le défunt était non-résident
  • Sur les biens mondiaux reçus par un héritier résident fiscal français depuis au moins 6 des 10 dernières années — même si le défunt était non-résident

Cette dernière règle piège de nombreuses familles : partir à Dubaï ne suffit pas à sortir vos enfants restés à Paris du champ des droits de succession français. Une stratégie de donation avant expatriation, combinée à des structures adaptées (assurance-vie luxembourgeoise, trust dans certaines juridictions, société civile), peut réduire considérablement la charge successorale. Consultez mon simulateur de droits de succession et donation.

Fiscalité comparée des pays de destination

Chaque destination a son régime, ses avantages, ses pièges. Voici un tour d’horizon des juridictions que je traite le plus fréquemment.

Aperçu synthétique par pays (2024/2025)
PaysIR sur revenus locauxConvention avec la FranceRégime spécial expatriés
Émirats arabes unis (Dubaï)0 %Oui (1989, modifiée)Néant (fiscalité déjà nulle)
PortugalProgressif jusqu’à 48 %OuiRNH clos aux nouveaux arrivants depuis 2024
SuisseFédéral + cantonalOuiForfait fiscal (impôt d’après la dépense)
LuxembourgProgressif jusqu’à 42 %OuiRégime impatriés
BelgiqueProgressif jusqu’à 50 %OuiNouveau régime CIR (2022)
Pays-BasProgressif jusqu’à 49,5 %Oui30 %-ruling (durée réduite)
Royaume-UniProgressif jusqu’à 45 %OuiNon-dom : fin en avril 2025
EspagneProgressif jusqu’à 47 %OuiLoi Beckham (24 % forfaitaire)
ItalieProgressif jusqu’à 43 %OuiRégime impatriés + forfait 200 000 €
États-UnisFédéral + étatOuiImposition sur la nationalité (US persons)

Dubaï (Émirats arabes unis)

La destination emblématique. Aucune imposition sur les revenus personnels, TVA à 5 %, IS à 9 % introduit en 2023 pour les entreprises. Un avocat fiscaliste expatriation Dubai vérifie la substance réelle de votre installation (visa résidence, logement, présence physique de 183 jours), l’absence de piège via le centre des intérêts économiques, et l’interaction avec la convention franco-émirienne. Attention à la nouvelle taxe corporate UAE et aux règles ESR (Economic Substance Regulations).

Portugal (fin du régime RNH — état 2024/2025)

Le célèbre régime des Résidents Non Habituels (RNH) — 10 % sur les pensions étrangères et exonération de nombreux revenus étrangers pendant 10 ans — a été fermé aux nouveaux arrivants au 1er janvier 2024. Un régime successeur, plus restreint, cible désormais les activités scientifiques et technologiques. Un avocat fiscaliste expatriation Portugal évalue la nouvelle grille et les régimes transitoires pour les inscrits avant fin 2023.

Suisse (forfait fiscal)

La Suisse propose un forfait fiscal (impôt d’après la dépense) accessible aux étrangers non actifs professionnellement en Suisse, avec une assiette forfaitaire basée sur le train de vie. Certains cantons (Zurich, Bâle-Ville) l’ont supprimé, d’autres le maintiennent (Vaud, Valais, Genève sous conditions). Négociation avec l’administration cantonale indispensable.

Luxembourg

Régime attractif pour les cadres dirigeants et les fonctions financières. Régime impatriés avec exonération de certaines primes, environnement bancaire et de gestion patrimoniale de premier rang, convention fiscale favorable avec la France (mais amendée par avenant récent sur les frontaliers).

Belgique

Depuis 2022, la Belgique a remplacé son ancien régime spécial par le régime CIR (Cadres et Chercheurs), plus encadré. Ma pratique en néerlandais et ma connaissance du droit belge me permettent d’intervenir directement à Bruxelles, Anvers ou Gand pour piloter le dossier fiscal complet, y compris les problématiques de tax shelter, précompte mobilier et taxe caïman.

Pays-Bas (30 %-ruling)

La fameuse 30 %-ruling néerlandaise permet à un salarié étranger recruté d’exonérer 30 % de sa rémunération pendant plusieurs années. La durée maximale a été raccourcie à 5 ans depuis 2024, et un plafonnement progressif est introduit. Un dossier bien préparé avec l’employeur néerlandais reste très intéressant.

Royaume-Uni (fin du régime non-dom)

Le régime non-domiciled britannique — imposition sur base remittance — sera aboli au 6 avril 2025 et remplacé par un régime Foreign Income and Gains (FIG) limité à 4 ans. La bascule Brexit + fin du non-dom rebat les cartes. Une expatriation UK doit désormais être calibrée sur ce nouveau cadre.

Espagne (loi Beckham)

La loi Beckham (Ley 35/2006) permet aux nouveaux résidents fiscaux espagnols d’opter pour un taux forfaitaire de 24 % (jusqu’à 600 000 €) sur les revenus du travail espagnols, pendant 6 ans. Extension récente aux digital nomads et entrepreneurs.

Italie (impatriés)

Deux régimes cumulables : le régime impatriés (abattement de 50 % à 70 % sur les revenus italiens, selon la région), et le forfait de 200 000 € par an (article 24 bis TUIR) sur l’ensemble des revenus étrangers pour les fortunes internationales, sur 15 ans maximum.

États-Unis

La particularité américaine : les US persons (citoyens et green card holders) sont imposables sur leurs revenus mondiaux, même en résidant hors des États-Unis. Une expatriation vers les USA appelle une coordination franco-américaine serrée (FATCA, FBAR, forms 8938, tie-breaker de la convention). Je travaille en coordination avec des tax attorneys américains.

Contentieux fiscal international : contrôle et redressement de résidence fiscale

Le contrôle fiscal après expatriation est une réalité fréquente. L’administration dispose d’outils puissants : échanges automatiques d’informations (CRS, DAC), croisements FICOBA/FICOVIE, recoupement des flux bancaires, réquisitions auprès des opérateurs télécoms et des sociétés de transport, exploitation des réseaux sociaux. Un simple faisceau d’indices — cartes bancaires utilisées en France, géolocalisation, publications Instagram — peut suffire à déclencher une procédure.

Face à un contrôle, la défense repose sur trois piliers : la preuve documentaire du départ, la maîtrise conventionnelle (tie-breaker rules), et la procédure (délais, garanties du contribuable, procédure amiable article 26 des conventions OCDE). J’interviens à tous les stades : proposition de rectification, observations du contribuable, saisine de l’interlocuteur départemental, commission départementale, recours contentieux devant le tribunal administratif, cour administrative d’appel, Conseil d’État. Consultez ma page dédiée au contrôle fiscal international.

Retour en France après expatriation

Le retour en France appelle autant de préparation que le départ. Vous redevenez résident fiscal français dès l’instant où l’un des critères de l’article 4 B est rempli. Vos revenus mondiaux redeviennent imposables. Vous devez déclarer vos comptes bancaires étrangers (formulaire 3916), vos contrats d’assurance-vie étrangers, éventuellement vos trusts (formulaire 2181).

Le régime des impatriés (article 155 B CGI) offre une exonération partielle des rémunérations pendant 8 ans pour les salariés recrutés à l’étranger, avec conditions strictes (non-résident les 5 années précédentes, recrutement direct depuis l’étranger). Il constitue une opportunité majeure trop souvent oubliée.

Le retour peut aussi déclencher des conséquences favorables sur les dispositifs de sortie : dégrèvement définitif de l’exit tax si les conditions de conservation ont été tenues, restitution éventuelle des impôts payés dans certains cas.

Checklist des 8 étapes avant expatriation

  1. Audit patrimonial et fiscal complet (24 à 12 mois avant)
  2. Simulation de l’exit tax et validation de la stratégie titres
  3. Restructuration éventuelle (holding, donation, arbitrages)
  4. Sélection définitive du pays et coordination avec le conseil local
  5. Constitution du dossier de preuve du départ
  6. Déclaration de départ (formulaire 2042, case départ)
  7. Déclaration exit tax (2074-ETD) et sursis de paiement
  8. Suivi post-expatriation : déclarations annuelles, veille conventionnelle

FAQ — Questions fréquentes sur l’expatriation fiscale

Comment devenir non-résident fiscal français ?

Vous devenez non-résident fiscal français lorsque vous ne remplissez plus aucun des critères de l’article 4 B du CGI : foyer, séjour principal, activité professionnelle principale ou centre des intérêts économiques en France. La bascule s’apprécie année civile par année civile, et exige un dossier documentaire solide : bail à l’étranger, scolarisation, attestation de résidence fiscale locale, transferts effectifs.

Quand perd-on sa résidence fiscale française ?

Elle se perd le jour où votre installation à l’étranger devient effective et où plus aucun critère de l’article 4 B ne s’applique. En pratique, l’administration examine l’année civile entière : la répartition proportionnelle des revenus est ensuite calculée dans la déclaration de départ.

Comment éviter l’exit tax ?

On n’évite pas l’exit tax : on la neutralise. Le sursis de paiement automatique (UE/EEE) ou sur garantie (autres pays), combiné à la conservation des titres pendant 2 ou 5 ans selon les cas, aboutit à un dégrèvement total. Des stratégies complémentaires (donation avant départ, arbitrages) réduisent l’assiette.

Quels impôts restent dus après une expatriation ?

Les revenus de source française (article 164 B CGI) : revenus fonciers, plus-values immobilières, dividendes de sociétés françaises, pensions versées par un débiteur français, rémunérations d’activités exercées en France. L’IFI reste dû sur les seuls immeubles situés en France.

Peut-on conserver une SCI en France après une expatriation ?

Oui, sans difficulté. La SCI reste imposable en France sur ses revenus fonciers. Le traitement fiscal des distributions dépend de la convention entre la France et votre pays d’accueil, et du régime IR ou IS de la SCI. Un audit préalable est recommandé.

Comment déclarer son départ de France ?

Vous devez cocher la case « départ à l’étranger » sur votre déclaration 2042 de l’année du départ, indiquer votre nouvelle adresse, et transmettre le dossier au Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR). Si vous êtes soumis à l’exit tax, la déclaration 2074-ETD doit être jointe.

Quels risques en cas de fausse expatriation ?

Requalification de la résidence fiscale sur plusieurs années, imposition sur revenus mondiaux, majorations de 40 % (manquement délibéré) ou 80 % (manœuvres frauduleuses), intérêts de retard, et poursuites pénales pour fraude fiscale dans les cas les plus graves.

Comment fonctionne la double imposition ?

Elle est neutralisée par les conventions fiscales bilatérales, soit par exemption dans un des deux États, soit par crédit d’impôt dans l’État de résidence. En l’absence de convention, la double imposition peut être partiellement corrigée par l’article 165 bis du CGI.

Comment choisir son pays d’expatriation sur le plan fiscal ?

Le taux d’imposition local n’est qu’un paramètre. Il faut examiner : la convention avec la France, le régime spécial expatriés éventuel, la fiscalité successorale, la fiscalité du patrimoine, la qualité de l’écosystème bancaire, la stabilité juridique, et vos contraintes personnelles (famille, activité).

Faut-il vendre ses biens avant de partir ?

Pas nécessairement. Pour certains titres, la conservation permet le dégrèvement de l’exit tax. Pour d’autres actifs (immobilier, assurance-vie), le maintien est souvent optimal. La décision se prend actif par actif après audit patrimonial.

Comment protéger son patrimoine avant une expatriation ?

Trois axes : sécurisation juridique (SCI, holding, démembrement), optimisation fiscale (donations, purge de plus-values, apports), et diversification internationale (assurance-vie luxembourgeoise, comptes multi-devises, structures adaptées).

Peut-on revenir en France sans conséquences fiscales ?

Oui, sous conditions. Le retour peut même déclencher le dégrèvement définitif de l’exit tax et l’accès au régime des impatriés (article 155 B CGI) pour les salariés recrutés à l’étranger. Il implique cependant la reprise d’obligations déclaratives étendues.

Comment sont taxées les cryptomonnaies en cas d’expatriation ?

Les crypto-actifs relèvent d’un régime spécifique (article 150 VH bis CGI) pour les particuliers, avec PFU de 30 %. En cas d’expatriation, la question de leur inclusion dans le champ de l’exit tax est débattue lorsqu’ils sont détenus via des sociétés. Un avocat fiscaliste crypto expatriation sécurise ce point sensible.

Quels documents préparer avant de quitter la France ?

Bail ou acte d’achat étranger, attestation de résidence fiscale locale, contrats de travail ou d’activité, inscription consulaire, scolarisation des enfants, assurances locales, preuves de fermeture ou de mise en sommeil des comptes principaux en France, déclaration 2042 avec case départ, déclaration 2074-ETD si exit tax.

Quels honoraires pour un accompagnement d’expatriation ?

Chaque dossier est unique : structure du patrimoine, complexité conventionnelle, nombre d’actifs, contentieux éventuel. Je propose systématiquement un devis personnalisé après un premier échange, avec un mode de facturation clair (forfait ou temps passé selon la nature de la mission).

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Votre expatriation mérite mieux qu’un modèle générique. Je vous accompagne personnellement, en français, anglais ou néerlandais, dans la préparation et la sécurisation de votre départ.

Cabinet NICOLAS Avocat
Avocat au Barreau de Paris — Toque B0288
Docteur en droit
Fiscalité internationale · Droit douanier · TVA internationale

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