Table des matières
Un chiffre erroné dans une déclaration en douane suffit à déclencher un redressement à six chiffres. La position tarifaire retenue pour une marchandise détermine en effet le taux de droits de douane, l’application éventuelle de droits antidumping et le taux de TVA à l’importation. Elle commande aussi les licences et restrictions applicables, et jusqu’à l’origine préférentielle du produit. Lorsque l’administration conteste ce classement lors d’un contrôle a posteriori, elle peut donc notifier une dette douanière portant sur trois années d’importations. Cette dette s’accompagne d’intérêts de retard et d’amendes pour fausse déclaration d’espèce — et, bien souvent, d’une immobilisation des flux en cours.
Cette page a un objectif précis. D’abord, vous permettre de comprendre ce qu’est réellement une position tarifaire, puis de déterminer le classement tarifaire d’un produit selon la méthode que le droit de l’Union impose. Ensuite, vous aider à sécuriser ce classement par un renseignement tarifaire contraignant, et à contester utilement la position retenue par la douane lorsqu’elle est juridiquement discutable.
Je suis Miguel Nicolas, avocat au Barreau de Paris et docteur en droit. J’exerce en droit douanier, en TVA et en fiscalité internationale depuis mes cabinets de Paris et de Rotterdam. À ce titre, j’accompagne les importateurs, exportateurs, commissionnaires en douane et groupes industriels sur l’ensemble du cycle du classement tarifaire : audit, demande de RTC, défense en contrôle, contentieux.
Un doute sur le code douanier de vos marchandises ?
Un classement tarifaire discutable se corrige avant le contrôle, pas après. J’analyse vos positions tarifaires au regard des règles générales d’interprétation, des notes de section et de chapitre et de la jurisprudence de la Cour de justice. Ensuite, je vous accompagne dans la sécurisation ou la contestation de votre classement.
Cabinet NICOLAS Avocat — 11 boulevard Sébastopol, 75001 Paris — Paris & Rotterdam
Qu’est-ce qu’une position tarifaire ?
La position tarifaire est la subdivision à quatre chiffres de la nomenclature douanière dans laquelle se range une marchandise. Les deux premiers chiffres identifient le chapitre tarifaire ; les deux suivants, la position au sein de ce chapitre. Ainsi, la position 8471 désigne les machines automatiques de traitement de l’information.
Position tarifaire, code douanier, espèce tarifaire
Cette définition appelle toutefois une précision, car la pratique la déforme fréquemment : la position tarifaire n’est pas un code à six chiffres. Un code se lit en effet du général au particulier — deux chiffres pour le chapitre tarifaire, quatre pour la position, six pour la sous-position SH, huit pour le code de la nomenclature combinée, dix pour le code TARIC. Des codes additionnels complètent ce dernier le cas échéant. La pratique commerciale emploie « position tarifaire » au sens large, comme synonyme de code douanier complet déclaré. C’est en ce sens que je l’emploie ici. L’administration française parle, elle, d’espèce tarifaire. Avec l’origine douanière et la valeur en douane, c’est l’un des trois éléments de la déclaration en douane — donc l’une des trois assiettes de la dette douanière.
Pourquoi la position tarifaire commande toute l’opération
Le classement tarifaire des marchandises est l’opération juridique qui attribue à un produit son code dans le tarif douanier commun. De ce code découlent le taux de droit, les droits antidumping ou compensateurs, les contingents et suspensions, ainsi que les préférences issues des accords de libre-échange. Il commande également les restrictions non tarifaires (double usage, CITES, REACH, déforestation, ajustement carbone aux frontières), le taux de TVA et les obligations statistiques. Une erreur d’espèce contamine en outre l’origine préférentielle, dont les règles de liste reposent sur le code SH. Le classement douanier n’est donc jamais une formalité logistique : c’est une qualification juridique aux conséquences financières immédiates.
Comment déterminer la position tarifaire d’un produit ?
La méthode en cinq étapes
Voici la méthode que j’applique systématiquement pour déterminer la position tarifaire d’un produit. Elle suit l’ordre imposé par les règles générales d’interprétation : toute inversion de ces étapes est une source classique d’erreur.
- Décrire le produit avec précision technique. Composition matérielle exacte, pourcentages en poids et en valeur, fonction principale, mode de fonctionnement, degré de finition, présentation. Les fiches techniques, plans, analyses de laboratoire et photographies constituent la matière première du classement.
- Identifier la section et le chapitre. Lecture des notes de section et des notes de chapitre, qui excluent ou incluent expressément certains produits. Elles priment sur toute intuition commerciale.
- Comparer les libellés de positions candidates. Le classement est déterminé légalement par les termes des positions et par les notes ; c’est la première règle générale d’interprétation.
- Appliquer les règles générales d’interprétation dans l’ordre, jusqu’à la sous-position SH. Poursuivre ensuite vers le code NC à huit chiffres, puis vers le code TARIC.
- Documenter et sécuriser. Constituer un dossier de classement écrit et daté (analyse juridique, sources consultées, RTC comparables, avis de classement de l’OMD). Puis, lorsque l’enjeu le justifie, déposer une demande de renseignement tarifaire contraignant.
Où trouver la position tarifaire d’un produit : RITA, TARIC, EBTI
La recherche de la position tarifaire s’appuie sur des outils officiels. En France, le référentiel intégré tarifaire automatisé (RITA) restitue le code et les mesures applicables ; au niveau de l’Union, la base TARIC de la Commission européenne donne le code à dix chiffres et les mesures commerciales. Enfin, la base EBTI recense les renseignements tarifaires contraignants délivrés dans toute l’Union, ce qui permet de détecter les divergences de pratique entre États membres. Ce sont toutefois des moteurs de recherche, non des autorités de décision. Une recherche de code douanier par mots-clés produit donc une hypothèse ; le travail juridique la valide ou l’écarte.
Qui détermine la position tarifaire d’une marchandise ?
C’est le déclarant — importateur, exportateur ou représentant en douane — qui détermine et déclare la position tarifaire, sous sa responsabilité. L’administration ne « donne » pas le code : elle le contrôle. Par conséquent, la responsabilité du classement douanier du produit ne se transfère pas au commissionnaire en douane par le seul effet du mandat. Elle ne se transfère pas davantage au fournisseur étranger qui aurait indiqué un code SH sur sa facture. En représentation indirecte, le représentant devient codébiteur de la dette douanière.
Quelle différence entre code SH, code NC et code TARIC ?
Tableau comparatif SH / NC / TARIC
| Niveau | Longueur | Autorité de référence | Portée juridique | Usage |
|---|---|---|---|---|
| Code SH (HS code) | 6 chiffres | Organisation mondiale des douanes | Convention internationale sur le système harmonisé, révisée périodiquement | Langage commun mondial : documents commerciaux, règles d’origine préférentielle, statistiques internationales |
| Code NC (nomenclature combinée) | 8 chiffres | Union européenne — règlement (CEE) n° 2658/87 et son annexe I actualisée chaque année | Nomenclature obligatoire dans l’Union : base du tarif douanier commun et des statistiques du commerce extérieur | Déclaration d’exportation, déclarations statistiques, textes sectoriels renvoyant à des codes NC |
| Code TARIC | 10 chiffres (+ codes additionnels à 4 caractères) | Commission européenne — tarif intégré des Communautés européennes | Intègre l’ensemble des mesures tarifaires et non tarifaires de l’Union | Déclaration d’importation dans l’Union : droits, antidumping, contingents, suspensions, prohibitions |
Codes additionnels et mesures commerciales
Les codes additionnels TARIC portent ce que le code à dix chiffres n’exprime pas. Ils identifient par exemple le producteur soumis à un taux individuel de droit antidumping, les composants agricoles ou les mesures de sauvegarde. Dans les dossiers antidumping, l’erreur porte d’ailleurs souvent moins sur le code que sur le code additionnel retenu. Or les écarts entre producteurs coopérants et « toutes autres sociétés » sont considérables.
Quelles sont les règles du classement tarifaire douanier ?
La base réglementaire : règlement 2658/87 et code des douanes de l’Union
Le tarif douanier commun repose sur le règlement (CEE) n° 2658/87 relatif à la nomenclature tarifaire et statistique. Un règlement d’exécution de la Commission, applicable au 1er janvier suivant, met à jour chaque année son annexe I, qui contient la nomenclature combinée. Par conséquent, toute modification annuelle peut déplacer un produit d’une sous-position à une autre. Le code des douanes de l’Union (règlement (UE) n° 952/2013) pose quant à lui le cadre. Son article 56 définit le tarif douanier commun, tandis que son article 57 régit le classement tarifaire des marchandises. Enfin, ses articles 33 et 34 organisent le renseignement tarifaire contraignant, sa révocation et la période d’utilisation prolongée.
Les six règles générales d’interprétation (RGI)
Le classement obéit à six règles générales d’interprétation de la nomenclature, placées en tête de l’annexe I du règlement 2658/87. Or ces règles ne sont pas des recommandations : elles ont valeur normative et s’appliquent dans un ordre impératif.
D’abord, la RGI 1 impose de partir des termes de la position et des notes de section ou de chapitre. Les intitulés de sections et de chapitres n’ont en effet qu’une valeur indicative. La RGI 2 étend ensuite le classement aux articles incomplets, non finis ou présentés à l’état démonté, ainsi qu’aux ouvrages constitués en partie d’une matière donnée. Quant à la RGI 3, elle règle les concours de positions : d’abord la position la plus spécifique, puis la matière ou l’article conférant le caractère essentiel. À défaut, la position placée la dernière par ordre de numérotation l’emporte. Les RGI 4 et 5 traitent respectivement l’analogie et le sort des étuis, contenants et emballages. Enfin, la RGI 6 transpose l’ensemble au niveau des sous-positions, en interdisant de comparer des sous-positions de niveaux différents.
Cette discipline séquentielle sépare un classement défendable devant le juge d’une simple intuition commerciale. En contentieux, l’essentiel se joue sur la RGI 3 b). Le caractère essentiel s’apprécie en effet selon la nature de la matière, son volume, son poids, sa valeur ou son rôle dans l’utilisation. J’y consacre une analyse dédiée, règle par règle et illustrée de cas concrets.
Notes de section, notes de chapitre et notes explicatives
Les notes de section et de chapitre font partie intégrante de la nomenclature et ont force obligatoire. Elles définissent des termes, excluent des produits et déterminent le classement des parties et accessoires. Ainsi, la note 2 de la section XVI sur les parties de machines tranche à elle seule une grande partie des litiges d’espèce. Il en va de même des notes du chapitre 90 sur les instruments médico-chirurgicaux.
Les notes explicatives du système harmonisé émanent de l’Organisation mondiale des douanes ; celles de la nomenclature combinée, de la Commission. Or ni les unes ni les autres n’ont force obligatoire de droit. Selon une jurisprudence constante de la Cour de justice, elles contribuent certes de façon importante à l’interprétation de la portée des positions. Le juge les écarte toutefois lorsqu’elles s’avèrent incompatibles avec le libellé de la position ou avec les notes de section et de chapitre. C’est un moyen de défense de premier rang. Il joue lorsque l’administration fonde un redressement sur une note explicative plutôt que sur le texte lui-même.
Règlements de classement et jurisprudence de la Cour de justice
La Commission adopte des règlements de classement qui tranchent le sort d’un produit déterminé. Obligatoires et de portée générale, ils ne sont toutefois pas rétroactifs. En revanche, l’administration ne manque jamais de les appliquer par analogie à des produits présentant des caractéristiques identiques.
Dans l’intérêt de la sécurité juridique et de la facilité des contrôles, la Cour de justice de l’Union européenne juge de manière constante que le critère décisif du classement tarifaire réside dans les caractéristiques et propriétés objectives de la marchandise. Ces caractéristiques s’apprécient au regard du libellé de la position et des notes de section ou de chapitre. La destination du produit peut elle aussi constituer un critère objectif de classement, à condition d’être inhérente au produit et appréciable d’après ses caractéristiques objectives (voir notamment les arrêts RUMA, C-183/06, et Stryker EMEA Supply Chain Services, C-51/16).
L’affaire Stryker procède d’ailleurs d’un renvoi préjudiciel né d’un litige douanier à Rotterdam, où je suis établi. La jurisprudence qui structure le classement en France se forge donc aussi sur les dossiers néerlandais. En pratique, un argument tiré de l’usage commercial ou de la clientèle visée reste par conséquent inopérant. Seul compte ce qui s’objective dans le produit lui-même.
Comment classer une marchandise dans la nomenclature combinée ?
Produits composés, machines et secteurs à risque
Le classement tarifaire d’un produit composé ou multifonction concentre l’essentiel du contentieux d’espèce. Sous réserve des notes de section, un appareil assurant plusieurs fonctions relève en effet de la position correspondant à sa fonction principale. Encore faut-il établir cette fonction par des éléments objectifs — puissance dédiée, architecture technique, valeur des composants, documentation du fabricant.
Le classement tarifaire des machines industrielles et des pièces détachées obéit aux notes de la section XVI. Celles-ci distinguent les parties reconnaissables comme destinées à une machine déterminée et les parties d’usage général, exclues par nature. Ainsi, une pièce de rechange banale — vis, ressort, joint d’usage général — ne suit pas le régime de la machine à laquelle elle se rapporte. C’est une source d’erreur récurrente chez les industriels qui appliquent au SAV le code de l’équipement.
Certains secteurs appellent une vigilance particulière. Ainsi, le classement tarifaire d’un dispositif médical ne se déduit ni du marquage CE ni du statut du produit en droit de la santé. En électronique et en matériel informatique, la difficulté porte sur les appareils convergents et sur les logiciels sur support. Le support enregistré et le contenu immatériel n’ont en effet pas le même traitement. Côté textile, tout dépend de la composition en poids, de la structure et du procédé de fabrication. S’agissant de la chimie et des produits alimentaires, la teneur en substances déterminées et le degré de pureté commandent le classement. Médicaments, cosmétiques et véhicules relèvent quant à eux de notes de chapitre spécifiques, à lire avant toute recherche par mots-clés.
Cas fréquents d’erreur de classement tarifaire
- Produit composé : classement d’après la matière prédominante en poids alors que le caractère essentiel résulte de la fonction ou de la valeur d’un autre composant (RGI 3 b).
- Article multifonction : retenue de la fonction commercialement mise en avant plutôt que de la fonction principale objectivement identifiable.
- Pièces détachées : application systématique du code de la machine à des parties d’usage général expressément exclues par les notes de section.
- Kits et assortiments : classement composant par composant. Or l’ensemble, conditionné pour la vente au détail, se classe d’après l’article lui conférant son caractère essentiel.
- Logiciels sur support : confusion entre la valeur du support et celle du contenu, et incidence sur la valeur en douane.
- Reprise du code du fournisseur : reprise du HS code figurant sur la facture d’un fournisseur asiatique ou américain. Ce code suit pourtant une nomenclature nationale, non transposable au niveau NC/TARIC.
- Non-actualisation annuelle : maintien d’un code supprimé ou scindé par le règlement d’exécution annuel modifiant l’annexe I.
Que faire en cas de doute sur la position tarifaire ?
Le renseignement tarifaire contraignant (RTC / BTI)
Lorsque le classement d’un produit prête à discussion, l’outil de sécurisation est le renseignement tarifaire contraignant, prévu à l’article 33 du code des douanes de l’Union. Le sigle européen BTI (binding tariff information) désigne le même acte. Il s’agit d’une décision administrative par laquelle une autorité douanière détermine le classement d’une marchandise. Elle lie l’ensemble des administrations douanières de l’Union à l’égard de son titulaire — et lie également celui-ci. Autrement dit, le bénéficiaire ne peut pas écarter un RTC qui s’avère défavorable. L’article 33 pose à cet égard une asymétrie de prise d’effet qu’il faut avoir en tête. Les autorités douanières se trouvent liées dès la date d’effet de la décision ; le titulaire, lui, ne l’est qu’à réception de la notification.
La demande porte sur une marchandise déterminée et sur une opération réellement envisagée. Le RTC est valable trois ans et sa référence doit figurer dans les déclarations en douane couvertes. L’article 34 en organise par ailleurs l’invalidation, l’annulation et la révocation. Le titulaire peut alors solliciter une période d’utilisation prolongée pour les contrats fermes conclus antérieurement. Cette période ne peut toutefois excéder six mois à compter de la cessation de validité ou de la révocation.
L’enjeu ne tient pas à la formalité mais à la rédaction de la demande : la description du produit conditionne la réponse. Une formulation imprécise appelle un classement défensif de l’administration. À l’inverse, une formulation orientée vers les critères objectifs pertinents permet d’obtenir une décision exploitable. C’est un savoir-faire de praticien, et la raison pour laquelle j’interviens en amont du dépôt. J’y consacre une analyse dédiée, de la constitution du dossier à la contestation d’un RTC défavorable.
Paris–Rotterdam : où déposer sa demande ?
Un RTC délivré par la douane néerlandaise produit ses effets dans toute l’Union, y compris pour un dédouanement effectué en France. La réciproque vaut tout autant. Les pratiques d’instruction, les délais et le degré d’exigence documentaire varient toutefois d’un État membre à l’autre. Pour un groupe qui dédouane à Rotterdam des flux destinés au marché français, trois questions forment donc un ensemble indissociable. D’abord, l’arbitrage sur l’État membre de dépôt ; ensuite, la consultation préalable de la base EBTI pour identifier d’éventuelles divergences entre RTC nationaux ; enfin, l’articulation du classement avec le régime néerlandais de report de paiement de la TVA à l’importation. C’est précisément ce que permet ma double implantation à Paris et à Rotterdam.
Quelles sont les conséquences d’une erreur de classement tarifaire ?
Rappel de droits, prescription et intérêts de retard
Un mauvais code douanier découvert lors d’un contrôle donne lieu à la notification d’une dette douanière. En application de l’article 103 du code des douanes de l’Union, cette notification peut intervenir dans un délai de trois ans à compter de la naissance de la dette. Ce délai passe à un minimum de cinq ans et un maximum de dix ans lorsque la dette résulte d’un acte passible de poursuites judiciaires répressives. S’y ajoutent en outre les intérêts de retard prévus à l’article 114.
Antidumping, TVA et origine : l’effet de cascade
Le risque le plus lourd est l’antidumping. Un reclassement dans une position couverte par un règlement antidumping entraîne en effet l’application rétroactive de taux pouvant atteindre plusieurs dizaines de pour cent de la valeur en douane, sans possibilité de les répercuter sur des clients déjà facturés. Les secteurs exposés sont connus : acier, aluminium, vis et boulons, céramique, vélos électriques, panneaux photovoltaïques. De plus, les droits rappelés entrent dans la base d’imposition de la TVA à l’importation, de son calcul à son autoliquidation, rappelée par voie de conséquence. Un reclassement peut également faire perdre un taux réduit indexé sur un code NC. Enfin, les règles de liste des accords de libre-échange reposent sur le classement SH. Un changement d’espèce modifie donc la règle d’origine applicable et expose à un double redressement : droits à taux plein, et remise en cause des attestations d’origine délivrées aux clients.
Restrictions non tarifaires, statut OEA et sanctions
De nombreux dispositifs définissent leur champ par codes NC : biens à double usage, produits sous licence, CITES, REACH, déforestation, ajustement carbone aux frontières. Une erreur de code peut donc entraîner une importation sans autorisation. Les défaillances répétées affectent en outre le statut d’opérateur économique agréé. La fausse déclaration d’espèce constitue par ailleurs, en droit national, un manquement susceptible de qualifications contraventionnelles ou délictuelles. Les amendes sont proportionnelles à la valeur ; dans les cas les plus graves, la confiscation s’y ajoute. Quant à la bonne foi de l’opérateur, elle n’exclut pas la dette douanière : elle influe sur la sanction, non sur les droits.
Comment contester un classement tarifaire retenu par la douane ?
Du contrôle a posteriori au recours
En pratique, la très grande majorité des litiges d’espèce naît d’un contrôle douanier a posteriori. L’article 48 du code des douanes de l’Union autorise en effet la vérification des déclarations après l’octroi de la mainlevée. L’entreprise reçoit alors un avis de contrôle, puis un procès-verbal ou un projet de taxation exposant le classement que l’administration entend retenir. Cette phase est décisive : c’est là que se construit le dossier. Se faire assister dès le stade du contrôle évite ainsi que des déclarations spontanées mal calibrées ne fixent définitivement les termes du débat.
Avant toute décision défavorable, l’administration doit communiquer les motifs sur lesquels elle entend se fonder, conformément à l’article 22, paragraphe 6, du code des douanes de l’Union. Elle doit également mettre l’opérateur en mesure de présenter ses observations. Ce droit d’être entendu est le premier moyen de défense. Il ouvre en effet la fenêtre utile pour produire libellés de positions, notes de section et de chapitre, RTC comparables issus de la base EBTI, analyses contradictoires et jurisprudence de la Cour de justice. Sa méconnaissance constitue en outre un vice susceptible d’être utilement soulevé.
Vient ensuite le recours prévu à l’article 44 du code des douanes de l’Union. En France, il s’articule avec la saisine de la commission de conciliation et d’expertise douanière, puis avec le recours devant le tribunal judiciaire. La démarche n’est d’ailleurs pas seulement défensive. Lorsqu’une entreprise a déclaré pendant des années un code plus taxé que celui qui était applicable, les articles 116 à 121 ouvrent en effet une voie de remboursement ou de remise des droits. Je conduis ces procédures dans le cadre du contentieux douanier, du litige à la contestation des redressements, et j’y consacre une analyse dédiée, étape par étape.
Quel est le rôle de l’avocat en matière de classement tarifaire ?
L’audit de classement tarifaire
L’audit de classement tarifaire consiste à reprendre la nomenclature déclarée sur l’ensemble d’un portefeuille de références. Il s’agit ensuite d’identifier les positions à risque, de quantifier l’exposition sur la période non prescrite et de hiérarchiser les corrections. Réalisé par un avocat, cet audit bénéficie du secret professionnel. Il permet donc d’objectiver un risque sans créer de pièce opposable en cas de contrôle ultérieur. C’est une différence de nature avec un audit purement logistique.
La sécurisation : demande de RTC et documentation du classement
La sécurisation du classement douanier passe par la construction d’un dossier écrit et par le dépôt de demandes de RTC sur les références sensibles. Je rédige l’argumentation juridique, je calibre la description technique et j’anticipe les objections de l’administration. J’assure ensuite le suivi de l’instruction jusqu’à la décision, puis le contrôle de sa correcte application dans les déclarations. Cette intervention s’inscrit dans une pratique plus large du droit douanier, du conseil à la défense en procédure.
La défense en contrôle et en contentieux
En phase de contrôle, j’assure la représentation devant l’administration. Cela couvre les réponses aux demandes de renseignements, les observations au titre du droit d’être entendu, la discussion technique du classement, ainsi que la négociation du périmètre et de la période. En phase contentieuse, je conduis le recours administratif puis, le cas échéant, la procédure judiciaire. Cette continuité entre l’analyse tarifaire et la procédure distingue l’intervention d’un avocat en droit douanier à Paris, en douane et commerce international de celle d’un prestataire logistique. Ce dernier ne peut en effet ni représenter l’entreprise en justice, ni opposer le secret professionnel.
Avocat en classement tarifaire : quand faire appel à un avocat en droit douanier ?
Les situations qui justifient une intervention
- Lancement d’un nouveau produit dont le classement est incertain : produit composé, multifonction, innovation technique sans position dédiée.
- Écart de traitement constaté entre deux États membres, ou entre le code retenu par votre fournisseur et celui exigé par votre transitaire.
- Réception d’un avis de contrôle douanier, d’un procès-verbal ou d’un projet de taxation portant sur l’espèce tarifaire.
- Notification d’un avis de mise en recouvrement à la suite d’un redressement pour mauvais classement tarifaire.
- Révocation d’un RTC existant, ou entrée en vigueur d’un règlement de classement défavorable.
- Exposition à des droits antidumping, à un contingent tarifaire ou à une mesure de restriction à l’importation dont le champ repose sur des codes NC.
- Opération de croissance externe ou due diligence impliquant l’évaluation d’un passif douanier latent.
Une pratique organisée entre Paris et Rotterdam
Mon cabinet intervient depuis Paris et Rotterdam pour des importateurs, exportateurs, industriels, plateformes de commerce en ligne et représentants en douane. Cette double implantation me permet de traiter les chaînes logistiques européennes dans leur réalité. Cela couvre notamment le dédouanement aux Pays-Bas de flux destinés à la France ou à la Belgique, ainsi que la coordination entre les pratiques de la douane française et de la Douane néerlandaise. S’y ajoute l’articulation du classement avec les régimes de TVA à l’importation applicables de part et d’autre de la frontière.
Faire vérifier ou défendre votre classement tarifaire
Vous cherchez à faire déterminer la position tarifaire d’un nouveau produit, à déposer une demande de renseignement tarifaire contraignant ou à contester un redressement fondé sur l’espèce ? J’examine votre dossier. Ensuite, je vous indique les options juridiques ouvertes, ainsi que les délais à respecter.
Cabinet NICOLAS Avocat — Maître Miguel Nicolas, avocat au Barreau de Paris, docteur en droit
11 boulevard Sébastopol, 75001 Paris — Paris & Rotterdam
Questions fréquentes sur la position tarifaire
Qui détermine la position tarifaire d’une marchandise ?
La position tarifaire relève du déclarant en douane : importateur, exportateur ou représentant agissant pour son compte. Il la détermine et la déclare sous sa responsabilité. L’administration douanière ne délivre pas le code : elle le contrôle et peut le remettre en cause a posteriori. Quant au code indiqué par un fournisseur étranger sur sa facture, il n’engage pas l’administration de l’Union. Il ne dégage pas davantage la responsabilité de l’importateur.
Quelle est la différence entre code SH, code NC et code TARIC ?
Le code SH comporte six chiffres. Il relève du système harmonisé de l’Organisation mondiale des douanes et sert de langage commun international. Avec huit chiffres, le code NC correspond à la nomenclature combinée de l’Union européenne, établie par le règlement (CEE) n° 2658/87. Enfin, le code TARIC comporte dix chiffres, éventuellement complétés par des codes additionnels. Il intègre l’ensemble des mesures tarifaires et non tarifaires de l’Union applicables à l’importation. Ces trois niveaux sont emboîtés : les six premiers chiffres du code TARIC sont le code SH.
Comment trouver la position tarifaire d’un produit ?
Il faut d’abord décrire le produit avec précision technique, puis identifier la section et le chapitre en lisant les notes de section et de chapitre. Il faut ensuite comparer les libellés des positions candidates et appliquer les six règles générales d’interprétation dans leur ordre impératif. Les outils de consultation RITA, en France, et TARIC, au niveau de l’Union, permettent de vérifier une hypothèse de classement, de même que la base EBTI des renseignements tarifaires contraignants. Ils ne se substituent toutefois pas au raisonnement juridique.
Combien de temps un renseignement tarifaire contraignant est-il valable ?
Le renseignement tarifaire contraignant, prévu à l’article 33 du code des douanes de l’Union, est valable trois ans. Ce délai court à compter de sa date de prise d’effet. Il lie l’ensemble des administrations douanières de l’Union à l’égard de son titulaire, et lie également celui-ci. Par ailleurs, l’article 34 en organise l’invalidation, l’annulation et la révocation, notamment en cas de modification de la nomenclature ou d’adoption d’un règlement de classement. Son titulaire peut alors solliciter une période d’utilisation prolongée pour les contrats fermes conclus antérieurement.
Comment contester un classement tarifaire retenu par la douane ?
La contestation commence dès la phase de contrôle, par des observations au titre du droit d’être entendu prévu à l’article 22, paragraphe 6, du code des douanes de l’Union. Ces observations s’appuient sur les libellés de positions, les notes de section et de chapitre, les renseignements tarifaires contraignants comparables et la jurisprudence de la Cour de justice. Elle se poursuit ensuite par le recours prévu à l’article 44 du code des douanes de l’Union, le cas échéant avec saisine de la commission de conciliation et d’expertise douanière. Un recours devant le tribunal judiciaire, compétent en matière de droits de douane, peut enfin suivre.
Sur quelle période la douane peut-elle réclamer des droits en cas d’erreur de classement ?
En application de l’article 103 du code des douanes de l’Union, l’administration peut en principe notifier la dette douanière dans un délai de trois ans à compter de sa naissance. Ce délai passe à un minimum de cinq ans et un maximum de dix ans, selon les dispositions nationales. Il en va ainsi lorsque la dette résulte d’un acte passible de poursuites judiciaires répressives. Des intérêts de retard s’ajoutent en outre aux droits rappelés, ainsi que, le cas échéant, des amendes pour fausse déclaration d’espèce.



